Chronique : Barney Stax - Détective privé... de tout ! (Fluide Glacial)

Il y a 2 mois 44

S imple en apparence, inextricable après réflexion, il ne fallait pas accepter ce job, c’est une évidence. Maintenant, c’est trop tard. Il aurait dû se méfier, il le sait bien pourtant qu'il ne peut pas dire non face à une jolie pépé pas farouche qui demande de l’aide. Bien fait pour toi, Barney, débrouille-toi avec cette histoire de plombier fidèle et de curé volage. C’est sûr, le bourbon à huit heures du matin, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour la compréhension. Il ne manquerait plus qu’un cheval et un rabbin entrent dans un bar…

James s’attaque au polar noir et au roman d’espionnage sous la forme d’une parodie feuilletonesque avec Barney Stax, Détective privé… de tout ! Exploitation des stéréotypes, intrigue improbable et humour gentiment grivois, le scénario passe en revue les clichés du genre un strip et un gag à la fois. La narration n’a pas vraiment de direction et ne tient que par les multiples références et clins d’œil parsemés au fil de cette aventure aux allures de blague potache à rallonge. Le résultat n’est pas désagréable, souvent drôle, mais ne s’avère guère convaincant sur la longueur. En effet, arrivé à la fin de l’ouvrage, James est obligé de conclure son récit à la petite semaine avec deux ou trois pirouettes discordantes et peu inspirées. La boucle est bouclée. Par contre, pas certain que celle-ci laisse beaucoup de souvenirs.

Heureusement, aux pinceaux, Guillaume Guerse se montre plus à son aise et rend une copie pleine et élégante toujours à la limite du grotesque sans jamais y tomber. Faciès et attitudes dans leur jus, admirable travail de mise en scène malgré l’exiguïté des trois cases à disposition pour chaque segment et très belle mise en couleurs typée années cinquante, le dessinateur joue sa partition tout en retenue et apporte à l’occasion une distance ironique avec le maigre propos et une certaine connivence avec le lecteur.

Sympathique, joliment réalisé et illustré, Barney Stax Détective privé… de tout ! ne dépasse toutefois pas le niveau d’un amusant pastiche plus soft- que véritablement hardboiled. À réserver aux amateurs du genre.

Par A. Perroud

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