Chronique : L'epopée infernale - L'épopée infernale (Misma)

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Q uand les muses se sont penchées sur votre berceau, que la vocation et le talent sont là, c’est un bon début. Quelques années d’apprentissage plus tard, un semblant de technique en main et une poignée d’idées et d’envies dans la tête permettent de s’approcher du but. Reste une dernière marche indispensable et effrayante à gravir : trouver une maison d’édition qui accepte son projet. Même arrivé à cette étape et un contrat signé, rien n’est vraiment garanti. Il faut encore compter sur quelques coups du sort, un ou deux malentendus et, peut-être que votre album arrivera sur les étales. Ultimes embûches avant de savoir si le lectorat sera au rendez-vous : espérer que le distributeur ne se trompe pas de date et ne pas être noyé par les autres parutions de la semaine. Une vraie partie de plaisir en somme.

C’est en mode ludique sous la forme d’un «livre-dont-vous-êtes-le-héros» qu’Émilie Plateau a choisi de raconter son expérience d’autrice en quête d’éditeur, de publication et, qui sait, de reconnaissance. Deux-cent-soixante-huit pages-épreuves illustrées forment le cheminement que le lecteur-artiste doit emprunter pour arriver au Graal. Comme le veut le jeu, c’est à lui de prendre la bonne décision afin de tracer son chemin. Frustration, déprime, grands moments de solitude et, quand même, de joie (merci les copains !) entre deux déconvenues, le portrait que dresse la scénariste se montre aussi excitant que démoralisant. Heureusement, un humour omniprésent permet de faire passer la pilule de ce qui pourrait ressembler à un véritable cauchemar seulement comparables aux infortunes de Sisyphe et de Prométhée.

Sujet passablement rebattu, ce blues du créateur version jeu-de-rôle permet de mieux comprendre l’industrie du Neuvième Art et, surtout, de lever le voile sur les sacrifices nécessaires pour entretenir la flamme de sa passion.

Par A. Perroud

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