Chronique : L'Île des oubliés (Philéas)

Il y a 2 mois 84

A lexis ne connait pas grand-chose de ses parents. Donc, une petite escapade en Grèce avec son boy-friend du moment est l'occasion idéale pour aller rencontrer une vieille amie de sa mère. Elle espère ainsi lever le voile sur un passé mystérieux et organiser peut-être le chaos de sa propre vie.

Roger Seiter a choisi d'adapter le best-seller de l'anglaise Victoria Hislop paru en 2005. C'est l'histoire authentique d'une île crétoise devenue à la fois ghetto, léproserie et microsociété durant toute la première moitié du vingtième siècle, mais c'est aussi la saga d'une famille modeste, marquée par le destin et une terrible maladie. À la fois Instructif et intrigant, le récit se construit par petites touches, de confessions en révélations, de secrets levés en aveux. Le lecteur suit alternativement l'évolution atypique du rocher qui va se transformer en réelle communauté puis celle des femmes de la famille Petrakis, pivots du scénario. Poids des préjugés, de la tradition et de l'intolérance de l'époque, le scénariste dépeint parfaitement les mentalités. Les caractères sont bien développés et permettent ainsi de comprendre les choix ainsi que les décisions difficiles qui ont conduit aux drames vécus par les différents protagonistes.

Le style de Fred Vervisch (Assassination, Chinn) dégage une réelle personnalité. L'association d'un trait fin et épuré, d'un encrage bien présent, d'une trame légère et de grands aplats de couleurs vives donne un rendu très agréable et esthétique. En particulier, l'usage d'un très joli bleu profond pour la mer et le ciel immerge dans l'ambiance hellénique sans problème.

L'ïle des oubliés est une tragédie grecque sur trois générations, construite dans un contexte historique tout à fait singulier et propice à une intrigue riche et graphiquement irréprochable.

Par L. Moeneclaey

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