Chronique : Manon des sources -2- 2e partie (Bamboo Édition)

Il y a 2 semaines 30

J ean de Florette s’est tué au travail en cherchant une source apparemment inexistante. Sa veuve et sa fille, Manon, sont ruinées. Après avoir acheté leur parcelle pour une bouchée de pain, Ugolin et le Papet ont eu plus de chance que leur prédécesseur ; ils ont tout de suite trouvé le point d’eau et font des affaires en or en cultivant des œillets. La jeune femme découvre qu’il n’y a pas de hasard ; la nappe a été dissimulée par l’oncle et le neveu, et les habitants du hameau ont fermé les yeux, même si tous étaient conscients de la manigance. L’adolescente décide alors de se venger.

Manon des Sources est la suite de Jean de Florette, les deux romans constituant le diptyque L’eau des collines. Le récit de Marcel Pagnol est connu. Depuis le début des années 1950, il s’est traduit en livres, en films et en bandes dessinées, notamment par Jacques Ferrandez. Cette fois la saga est découpée en quatre tomes, lesquels s’inscrivent dans le projet de la collection Grand angle qui souhaite présenter en cases et en bulles l’ensemble de l’œuvre du célèbre cinéaste et écrivain.

Les scénaristes Serge Scotto et Éric Stoffel respectent tant la lettre que l'esprit du texte. Le lecteur y retrouve d'ailleurs l’humour bon enfant du romancier, la douceur de vivre à une époque où les parties de pétanque s’éternisent et les pastis avec les copains se multiplient. Dans cet univers en apparence simple, les protagonistes, bien qu’archétypaux, se révèlent plus complexes qu’ils ne le semblent au premier abord. Derrière un caractère abrasif, froid et calculateur se cache souvent une blessure. Les personnages, même les plus vilains finissent par dévoiler une part d’humanité et de vulnérabilité. Cela dit, dans ce monde éminemment moral, les gentils sont récompensés et les méchants punis.

Au dessin, Christelle Galland reproduit joliment la campagne provençale. La distribution des rôles apparaît généralement bonne et les acteurs ont la tête de l’emploi. Seule l’héroïne n’arrive pas à dégager la beauté sensuelle et sauvage décrite par tous les gars du village (en 1986, Claude Berri ne s’est du reste pas trompé en confiant la charge à Emmanuelle Béart). Le jeu des comédiens est par ailleurs un peu figé et manque parfois de naturel.

Une adaptation dans l’ensemble convaincante, à apprécier en sirotant un Ricard.

Par J. Milette

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