Celui que tu aimes dans les ténèbres

Il y a 2 mois 50

L'histoire :

Afin d'essayer de retrouver la flamme de la création, une artiste peintre, Ro Meadows, part se ressourcer à la campagne et s'isole dans une vieille bâtisse qu'on lui présente comme hantée. Sur le ton de la blague et pour rompre un peu la solitude, Ro imagine une discussion avec le prétendu fantôme, en lui demandant notamment de l'aide pour accrocher des cadres, remettre la musique ou bien encore lui servir du vin. Les semaines s'enchaînent et les toiles restent cependant immuablement vierges tandis que son galeriste commence à s'impatienter. Cependant, certains événements étranges commencent à se produire, et c'est ainsi, lors d'une crise de colère au cours de laquelle elle apostrophe à nouveau l'entité ectoplasmique de la demeure, qu'elle reçoit une étonnante réponse. Stupéfaite et terrorisée, elle essaie de se rassurer en se disant qu'elle a sûrement dû un peu trop forcé sur le vin. Mais alors qu'elle regagne son atelier, un mot apparait sur la toile posée sur son chevalet : « Pardon ».

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Skottie Young et Jorge Corona se retrouvent à nouveau après avoir collaboré sur la série Middlewest, et nous proposent cette fois-ci un thriller amoureux et horrifique. On retrouve certains éléments scénaristiques déjà utilisés dans leur précédente série, comme bien sûr les mondes de l'étrange, mais aussi des questions sociétales comme les drames intrafamiliaux. Ainsi, l'ambiance du récit d'épouvante n'est ici qu'une toile de fond pour Skottie Young, lui permettant de parler des dérives des comportements au sein d'un couple. Possession, jalousie, violence morale et physique tout est savamment décortiqué à travers le prisme du fantastique, ce qui donne toute cette force et cette originalité au récit. Le scénariste parvient ainsi à traiter avec justesse du sujet actuel éminemment délicat et révoltant des violences faites aux femmes. Skottie Young fait grimper la tension de chapitre en chapitre avec talent, même si nous aurions bien aimé qu'il prenne encore plus le temps de développer cette montée en pression. L'artiste Jorge Corona renforce de son côté l'atmosphère pesante par son dessin sombre et exubérant qui est parfaitement rehaussé par les couleurs puissantes de Jean-François Beaulieu. Nous sommes donc ici bien loin de la romantique relation du film Ghost/i>, et pour paraphraser la célèbre chanson des Rita Mitsouko, « les histoires d'amours finissent mal ... En général ». Cela est encore pire avec une entité qui hante votre demeure.

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