Chronique : Blake et Mortimer (Les Aventures de) - La Fiancée du Dr Septimus (Blake et Mortimer)

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C ’était à s’y attendre, la mouvementée affaire de la Marque Jaune allait rapidement attirer les producteurs de cinéma. Première à avoir perçu le potentiel de cette histoire, la Hammer mandate James Whale, le mythique réalisateur de Frankenstein (1931), auprès des deux héros de l'heure. Le duo ne dit pas non et se montre même intéressé par un éventuel projet. Cependant, après avoir débriefé les derniers détails de la vie du Dr Septimus, quelques informations nécessitent encore des éclaircissements, particulièrement à propos d’une assistante très proche du docteur et dont personne ne connaît le rôle véritable. Une visite à l’ancienne demeure du génie du mal s’impose estime Mortimer. Celui-ci convie derechef Whale, ils profiteront du déplacement pour parler de la possibilité d’un futur film.

Énième itération des aventures de Blake et Mortimer, Le Nouveau Chapitre a l’ambition de faire dialoguer un écrivain avec un illustrateur au sein de l’univers créé par Edgar P. Jacobs. Cette collection reprend le format emprunté par Didier Convard et André Juillard pour Le Dernier Chapitre (Dargaud, 2009), album de récits combinant texte et images narrant la vieillesse de personnages emblématiques de la bande dessinée franco-belge, dont Blake et Mortimer.

Grand spécialiste de l’Ermite du Bois des Pauvres, François Rivière inaugure la série avec une nouvelle habilement troussée mêlant silhouettes connues, atmosphère british de rigueur et quelques surprises. En effet, l’ancrage dans une certaine tradition n’empêche pas le romancier d’élargir (légèrement) le propos avec la création de nouveaux protagonistes comme Richard Murray, un neveu de Blake et une incursion dans le réel sous la forme de James Whale et de la Hammer, la légendaire maison de production célèbre pour ses films d’horreur et de fantastique. Single malt tourbé autour d’une bonne pipe, balade frissonnante dans l’arrière-pays et un retour inattendu sont au programme.

Au pinceau, Jean Harambat propose de très belles compositions pour accompagner les mots de Rivière. Loin des canons de la ligne claire, il offre une relecture visuelle originale et réussie de ce mythe du Neuvième Art. Plutôt que de singer le style jacobien, il a préféré se concentrer sur l’ambiance intime et surannée du titre. Le résultat s’avère probant et non dénué d’un peu d’humour.

Exploitation sympathique réalisée avec talent et un véritable respect, La fiancée du Dr Septimus devrait réjouir tous les amateurs de Blake et Mortimer et du cinéma de genre.

Par A. Perroud

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