Chronique : Filles uniques -3- Sierra (Dargaud)

Il y a 2 mois 43

S ierra explose. Elle a repéré Malo, son ex-petit copain, conter fleurette à une fille, aussi niaise qu’elle l’a été, estime-t-elle. Mais elle élude les questions de ses amies, préférant pester contre cette grande perche d’Apolline ou contre les mecs, en général. Eux, ce sont tous des pervers. Derrière les épithètes qui volent, la colère de l’adolescente est palpable et ce n’est pas auprès de sa mère qu’elle trouvera du réconfort. Le soutien des copines et la sagesse d’Adrien vont lui donner la force de livrer ses tourments.

Dans le club des Mal-Barrées, c’est au tour de la virulente Sierra d’arpenter le devant de la scène. Ses réactions à fleur de peau et son caractère éruptif n’étaient pas passés inaperçus dans les épisodes précédents. Les quelques bribes disséminées faisaient entrevoir une romance qui a mal tournée, tout en suggérant un secret plus épais qu’une banale rupture. BéKa aborde le sujet frontalement et entraine le public à la découverte d’une vérité pour le moins sordide. Ici, point de papillons dans le ventre ni de coup de foudre ; l’ambiance est à l’abus de naïveté, à la trahison éhontée, à l’absentéisme parental et à la perte de repères. En parallèle, le récit continue de suivre les parcours de Paloma et de Céleste dans leur nouveau foyer. C’est l’occasion de voir la seconde se détacher des freins qui l’entravent encore et d’en apprendre davantage sur le passé d’Adrien devenu le tuteur de la première. Là encore, les scénaristes abordent des points importants – en l’occurrence, la violence conjugale et le féminicide – avec beaucoup de justesse Quant à la mise en image de Camille Méhu, elle reste en parfaite adéquation avec le propos, expressive et marquée par un dessin au coup de crayon reconnaissable.

La force de la sororité au cœur de Filles uniques frappe encore une fois dans Sierra qui confirme la bonne tenue de la série dont le volet suivant sera consacré à la sportive de la bande.

Lire les chroniques du tome 1 et du tome 2.

Par M. Natali

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