Chronique : Fleur de Nuit -2- Âmes au crépuscule (Glénat)

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L es années de jeunesse ne sont plus. L’Italie s’est engagée auprès de l’Allemagne et, malgré le débarquement des Alliés en Sicile à l’été 43 et l’armistice ratifié, Venise est toujours sous la coupe des troupes allemandes…

Riche d’une première collaboration chez Glénat avec La route de la vie, Marco Nizzoli et Giovanna Furio signent avec Fleur de nuit un diptyque sobre et puissant.

Si Les Rêves brisés posait le décor d’un drame annoncé, il portait toutefois en lui l’insouciance d’une époque qui sous prétexte d’oublier les affres de 14-18 allait se jeter dans un conflit bien pire encore. Avec Âmes au crépuscule, plus aucun doute n’est permis, la guerre, le fascisme et les passions personnelles auront raison d’Ester, de Jacopo, de Hans et des leurs. Pour rendre compte de l’inévitable descente aux enfers de toute une société, Giovanna Furio choisit de le faire à travers ses personnages, acteurs volontaires ou non d’une tragédie qui les dépasse et qui les engloutira et s’attache, sans jugement, à la dualité des liens qui les unissent, à l’ambiguïté des sentiments qui les animent. Sur un récit sans concession et d’une réelle intensité psychologique, Marco Nizzoli se distingue par un dessin d’un réalisme élégant et une mise en couleur directe à l’aquarelle qui concourent à crédibiliser l’ensemble. Confusément, chacun sait que cette fiction a eu sa part de réalité dans une Europe occupée et soumise à l’arbitraire !

Parfaitement servi par Giovanna Furio et Marco Nizzoli, Fleur de nuit est un titre à côté duquel il serait dommage de passer.

Par S. Salin

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