Chronique : La tour (Kounen/Ladgham/Mr Fab) -1- Tome 1 (Comix Buro)

Il y a 2 mois 88

B ruxelles, 2072. Dans les rues envahies par la végétation se baladent cerfs, hyènes et sangliers. Voilà maintenant trente ans qu’une bactérie a décimé la quasi-totalité de l’humanité. Les survivants, près de trois mille personnes, vivent en autarcie dans une tour contrôlée par Newton (New Town?), une intelligence artificielle. Le ressentiment des Intras, nés confinés, envers les Anciens est vif et la révolte gronde. Après toutes ces années, l’air est toujours aussi contaminé, il n’y a donc pas d’espoir que les choses aillent mieux. Le bâtiment, mal entretenu, est fragile et il faudra tôt ou tard se résoudre à sortir de ce refuge.

La proposition d’Omar Ladgham et de Jan Kounen est intéressante. Isolement, fin du monde et dictature technologique sur fond de tensions intergénérationnelles, il y a de quoi faire. Un peu comme dans Walking Dead, les scénaristes choisissent de ne pas préciser les causes de l’hécatombe. Ceci dit, il est intrigant de constater que toutes les autres espèces se portent très bien.

Dans ce premier épisode, les auteurs se contentent de présenter les personnages principaux et de poser les enjeux. La mise en contexte est réussie et elle donne envie de découvrir la suite de l’histoire. Le lecteur reste toutefois sur sa faim. Un tome complet consacré à l’introduction, sans véritablement entrer dans le vif du sujet, c’est beaucoup. La conclusion est néanmoins prometteuse, le microcosme arrive à un tournant et les jours tranquilles sont comptés.

Le dessin de Mr Fab offre le meilleur et le pire. Les illustrations de la flore et de la faune envahissant la capitale sont fascinantes. Le gratte-ciel à la forme hélicoïdale apparaît également convaincante, tout comme les appartements qui ressemblent à des cocons, souvent défraichis après trois décennies d'autarcie. Le rendu de plusieurs visages manque cependant de finition et le jeu des acteurs s’en ressent.

Un récit prometteur, qui se donne des airs de production cinématographique.

Par J. Milette

Lire la Suite de l'Article