Chronique : Le songe du corbeau (Delcourt)

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I l aura suffit d'une simple lettre pour que Koji se souvienne : un certain hiver, un oiseau noir de sinistre augure, un petit corps allongé dans la neige… Et Shin.

Le riche folklore découvert au détours de voyages au Japon inspire le trio d’Européens en présence : l’Atelier Sentô (Cécile Brun et Olivier Pichard) et Alberto M.C. Ils sont associés ici dans une histoire où la limite entre réel et rêve n’est jamais clairement définie : passé et présent s'entremêlent sans se confondre, rêve et cauchemar se ressemblent tandis que légende et vérité se confrontent. La narration est habile, elle emmène le lecteur dans un fantastique étrange et beau, le perd un peu, mais c'est pour mieux le retrouver dans les dernières pages où la douloureuse et violente évidence s'impose au héros. Ce thriller envoûtant explore l’enfance et ses traumatismes sous un angle différent et déstabilisant. Pourtant, ce choix se révèle particulièrement judicieux car, en se mettant dans la tête d'un enfant, il permet la compréhension des troubles qu'il a pu ressentir en tant que victime de ces maux (pas de spoiler).

Le trait fin d'Albert M.C, associé à ses aquarelles, offre un rendu très doux, évanescent et transparent. L'aspect vaporeux installe la dimension onirique de l’intrigue et contraste - tout en l'atténuant - avec la part de noirceur du fond.

Le songe du corbeau, ou comment aborder de manière surprenante et subtile un sujet sérieux, avec des illustrations magnifiques.

Par L. Moeneclaey

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