Chronique : Léo Loden -28- Carmina Burrata (Soleil Productions)

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L oco à l’opéra ? Non, vous ne rêvez pas. Évidemment, ce n’est pas uniquement le bel canto qui est la première cause du subit intérêt du loup de mer pour l’art lyrique. En effet, il a une idée derrière la tête en accompagnant Nadia, sa dernière flamme. Qu’est-ce que l’amour ne fait pas faire ? Un accident violent stoppe malheureusement la représentation. La police conclut à un bête incident technique. Ce n’est pas l’avis de la compagnie d’assurances qui, vous l’avez deviné, mandate Léo pour faire toute la lumière sur l’affaire, ainsi que d’assurer la sécurité du personnel.

Retour à Marseille pour Léo Loden et son fidèle oncle. Pour Carmina Burrata, Loïc Nicoloff a imaginé une intrigue se déroulant dans le monde de la grande musique et des égos démesurés. Toujours aussi bien calibré, son scénario se montre efficace et parfaitement tenu. Quelques rappels historiques et architecturaux façon mission de service public, une brochette de personnages hauts en couleurs, un enquêteur au diapason et, au passage, le lecteur a même droit à deux-trois interludes sur les difficultés de la conciliation famille-travail. Le tout est rythmé en diable et rempli d’humour bon enfant. Inspiré comme à son habitude, Serge Carrère emballe ces péripéties avec talent et générosité. Il ne s’économise pas et offre une balade de toute beauté à travers les quartiers de la cité phocéenne.

Titre plus qu’établi, Léo Loden pourrait tomber dans une certaine routine. Par chance, il peut compter sur la richesse des régions qu’il visite au gré de ses aventures. Ces ancrages géographiques permettent de «nourrir» ses enquêtes en leur ajoutant quelques détails typiques, intéressants, voire surprenants. Si ce stratagème scénaristique a été plus qu’employé au fil des vingt-huit albums en date, force est de constater que les auteurs n’ont jamais oublié la nature première de la série : un véritable polar grand-public, explosif et amusant.

Non, les pires individus ne se trouvent pas seulement au sein de la pègre, Léo Loden découvre dans Carmina Burrata qu’il y existe d’autres paniers de rascasses dans les ruelles du Vieux Port. Heureusement, il connaît la chanson !

Par A. Perroud

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