Chronique : Les terreurs des Mers -2- L'île du crâne (Vents d'Ouest)

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A rsène et Alix, jeunes et sympathiques naufrageurs vendéens de la fin du 18è siècle, sont embarqués, bien malgré eux, dans une aventure maritime, en compagnie de leur frère Germain. De fil en aiguille, ils se retrouvent dans la mer des Caraïbes, au cœur de tensions politiques entre France et Angleterre, mais aussi à la poursuite d’un navire britannique, à bord duquel le perfide Blackfeet, muni d’une carte providentielle, recherche le trésor des Conquistadors. Enfants aussi téméraires qu’inconscients des dangers qui les entourent, ils sont portés au gré des vents, tels deux coques de noix sur l’océan, par les événements qui s’enchaînent et les motivations troubles des adultes. Au détour d’une tempête qui provoque quelques avaries à l’Hermione, à bord de laquelle ils naviguent, le capitaine décide de faire escale à Grand-Bourg, sur Marie-Galante. Mais l’île est secouée par une révolte des esclaves et le gouverneur réquisitionne les canons du navire pour mettre un terme aux échauffourées. Le séjour sur le « cailloux » ne sera pas aussi reposant que prévu.

L’Or des Conquistadors est le second tome des Terreurs des mers, dont le premier, L’Hermione à la rescousse !, a paru en février dernier. Le scénario est assuré par le prolifique Frédéric Brrémaud (Aliénor, Daffodil et bien d’autres). Le dessin est l’œuvre de Giovanni Rigano, formé aux studios Disney, ayant beaucoup œuvré chez Soleil. Cette série, explicitement destinée à la jeunesse, a tout pour séduire : héros pas encore sortis de l’enfance, intrigue claire, rythme soutenu, humour savamment dosé et graphisme plaisant. Ce dernier, tout en rondeur et élasticité, a une indéniable capacité immersive et donne vie à tous les aspects de ce périple prenant. Les paysages sont plaisants, les bateaux élégants et les mines expressives (mention toute particulière au faciès du machiavélique Blackfeet et son côté malsain).

Dans la lignée de Daniel Defoe et de Robert-Louis Stevenson (la dette à L’Île au trésor est incontestable), mais aussi de la série cinématographique Pirates des Caraïbes, Les Terreurs des mers associent sans prétention, avec efficacité, un univers désormais bien codé, effets comiques bienvenus, éléments historiques et intrigue aux multiples rebondissements. L’ensemble est mis en image avec personnalité et grâce ; il s’adressera donc aux jeunes de sept à soixante dix-sept ans, comme le prônait un célèbre reporter.

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