Chronique : Tony Chu - Détective cannibale - Pousse café (Delcourt)

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T ony Chu est de retour !? Il est en compagnie de nouveaux personnages et à bord d’un vaisseau spatial à l’autre bout de l’univers ? Le tout en partie dessiné par un certain Afu Chan… Cela mérite quelques explications. Pousse Café (Fusion Cuisine en VO) est en fait un cross-over entre Tony Chu - Détective cannibale et Outer Darkness, une série SF également signée John Layman. Celle-ci n’ayant pas rencontré un succès démesuré, elle avait été stoppée à son douzième numéros seulement. Avant de disparaître des mémoires et en attendant la future parution de Chu (spin-off mettant en vedette Saffron Chu, une sœur de Tony nouvellement créée), le scénariste offre un dernier tour de piste à Joshua Rigg et à l’équipage du Charon sous la forme d’une mini-histoire les liant à son héros emblématique.

Comme pour la majorité des cross-over, Pousse Café ne se révèle pas fondamental et se situe plus au niveau de l’anecdotique sur fond de décalages et de clins d’œil. C’est le genre qui veut ça. Dans le même temps, Layman ne se moque pas du lecteur est a astucieusement intégré ces péripéties dans les aventures déjà existantes. Pour ce qui est d’Outer Darkness, c’est d’autant moins crucial puisque ce space-opéra (mélange de Star Trek et d’horreur démoniaque) n’est pas disponible en français. Du côté du plus cibopathe des agents du gouvernement, les amateurs ne seront pas déçus. Outre toute la distribution originale (Poyo inclus), pas mal de nourriture, de répliques cinglantes et un complot intergalactique sont au rendez-vous. Aux pinceaux, Afu Chan (un dessinateur très intéressant à découvrir, au trait rappelant celui de Philippe Buchet) et Rob Guillory sont aussi à leur meilleur. Leurs styles respectifs, quoique très différents, s’additionnent agréablement et, finalement, se complètent sans aucune distorsion.

De la fureur, de l’humour, quelques scènes bien gore, ce qu’il faut de baston et de one-liner (John Colby est en forme !), Pousse Café ne déçoit pas. Par contre, s’il est toujours agréable de prendre des nouvelles d’anciens héros longtemps suivis et appréciés, l’ouvrage tient plus de la curiosité qu’autre chose. À déguster en connaissance de cause.

Par A. Perroud

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