Chronique : Zaza bizar (Delcourt)

Il y a 2 mois 139

E lle écrit comme elle parle, quand elle parle. Son entourage ne comprend pas tout, voire, pas du tout. Elle pense les mots mais ils sortent trop rapidement. Elle est vraiment bizarre, Elisa, pourtant, elle est loin d'être bête car dans sa tête, ça bouillonne et ça cogite. Comment expliquer cela ?

Conçu sous la forme d'un journal intime, Zaza Bizar raconte les difficultés que rencontre au quotidien une petite fille dyslexique jusqu'à ce qu'une adulte lui montre le chemin pour s'exprimer. Le texte, parsemé de charmantes fautes d'orthographe, reflète le désordre, non pas dans ses idées, mais dans la complexité de dialoguer avec les autres. Il recèle aussi une grande intelligence, une profonde solitude et une sensibilité touchante, tout en dégageant une certaine poésie. Ce récit à la première personne permet de se mettre dans la peau de l'héroïne et ressentir ainsi pleinement son désarroi face aux problèmes rencontrés. Nadia Nakhle maitrise son sujet et le prouve en le mettant en scène de façon originale et optimiste.

Plusieurs styles se mélangent dans ce joli livre d'illustrations, du réalisme au dessin naïf fait par des mains enfantines, du noir sur le blanc de pages de cahier d'écolier au blanc sur bleu marine. La lecture se révèle très agréable, un véritable voyage dans les méandres du cerveau de la fillette aux couettes. Le point commun à ces techniques : une grande douceur ; l'artiste aime ses personnages et le lecteur apprécie.

Voici un an dans la vie d'une enfant aux difficultés de langage évoquées avec beaucoup d'empathie et un certain onirisme : à lire par tous.

Par L. Moeneclaey

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